"Delmas 30 : L'agonie d'un quartier, le cri étouffé d'Haïti"
Haïti, une terre jadis vibrante de culture et de résilience, est aujourd’hui plongée dans une tragédie sans nom. Delmas 30, un quartier autrefois animé de Port-au-Prince, est devenu le symbole d’une souffrance insupportable. Les gangs armés, tels des prédateurs sans pitié, ont envahi les rues, semant la terreur et la désolation. Familles entières, femmes, enfants, jeunes et vieillards, ont été arrachés à leurs foyers, chassés comme des animaux traqués. Leurs cris de détresse résonnent dans le vide, étouffés par l’indifférence d’un monde qui semble les avoir oubliés.
Les scènes sont déchirantes : des mères portant leurs bébés dans les bras, errant sans but, cherchant désespérément un abri. Des enfants, les yeux remplis de peur, serrent les mains de leurs parents, incapables de comprendre pourquoi leur monde s’est effondré. Les vieillards, trop faibles pour fuir, sont abandonnés à leur sort, leurs regards perdus trahissant un mélange de résignation et de désespoir. Les maisons, autrefois remplies de rires et de souvenirs, sont maintenant des coquilles vides, pillées et brûlées, réduites en cendres par la violence aveugle.
Delmas 30 n’est plus qu’un champ de ruines, un témoignage silencieux de la cruauté humaine. Les gangs, armés jusqu’aux dents, règnent en maîtres, imposant leur loi par la peur et le sang. Les habitants, privés de tout, survivent dans des conditions inhumaines, sans eau, sans nourriture, sans espoir. Les rues, jadis remplies de vie, sont désormais des couloirs de mort, où chaque pas peut être le dernier.
Haïti, pays de héros et de rêves brisés, pleure ses enfants. Delmas 30 est une plaie ouverte, un rappel cruel de l’injustice et de la souffrance. Mais dans l’obscurité, une lueur d’espoir persiste : la résilience d’un peuple qui refuse de mourir. Pourtant, combien de temps encore pourront-ils tenir face à cette violence insensée ? Le monde regarde, mais reste silencieux, tandis que Delmas 30 sombre dans l’oubli.
Georges Billy FIRMA